Les paysages défilent devant mes yeux depuis plusieurs heures. Le train avance. Sans me laisser le temps de m'attarder sur les détails. Il avance. Et puis peu importe si je n'ai pas eu le temps de tout voir. J'aurais bien aimé pourtant. On avance vite. Très vite. Trop vite, même. Je ne vois plus qu'une masse mouvante de couleurs. Abstraite. Je suis seul. Je ne sais pas après quoi je cours mais j'y mets tout mon cœur. Je le fais parce qu'on m'a dit de le faire, parce que mes ainés courent devant moi ou parce que je ne suis pas censé avoir de raisons de ne pas le faire. On va droit au vide. Nous somme de passage et nous perdons notre vie à se précipiter vers des concepts, des valeurs, inculqués par ceux là même qui courent devant nous.
Moi je ne suis plus. Je m'arrête là, je suis essoufflé. Je n'en peut plus. Mon train à moi ne déraillera pas. Je suis libre. Libre de prendre mon temps. Parce que je suis le seul à avoir un droit dessus. Parce que tout peut s'arrêter d'une seconde à l'autre. Parce que le regret est ma hantise. Parce que j'ai peur de ne pas vivre. Courez, fuyez... Sans moi. Je suis seul, certes, mais je marche. Et j'ai tout mon temps.
samedi 17 octobre 2009
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