« Ta lettre m’a beaucoup touchée, cependant il est grand temps que je t’avoue quelque chose qui me tourmente depuis un certain temps déjà. Je ne sais pas par où commencer… Je voudrais que tu saches que tout ce que je vais te dire n’a rien à voir avec toi. Tu n’y es pour absolument rien. Tu es un homme extraordinaire et je me suis attachée à toi ; j’ai réellement des sentiments pour toi. Mais malheureusement il y a quelqu’Un d’autre. Quelqu’Un qui compte énormément pour moi. Au point que je ne puis plus supporter de penser à lui pensant à toi, et inversement. Je n’ai pas su dissocier les sentiments que j’ai pour toi de ceux que j‘ai pour lui. Je m’en veux terriblement. J’ai commis une erreur en t’avouant les sentiments que j’éprouve pour toi. Je ne voudrais pas que tu penses que c’est de ta faute. C’est moi. Rien que moi. J’ai cru pouvoir passer d’une histoire à l’autre du jour au lendemain et je n’ai pas réfléchi aux conséquences qu’une telle décision aurait pu avoir. Conséquences que tu subis aujourd’hui par ma faute. J’ai besoin de temps pour prendre une nouvelle décision. Pas seulement dans notre relation ; j’ai besoin de temps dans ma vie. Et pour cela j’ai besoin d’être seule. Je suis profondément désolée. »
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« Et moi qui me croyais l’homme le plus heureux du monde voilà maintenant que je me trouve misérable chose, démunie de tout ce que je croyais posséder, de la seule chose à laquelle je pouvais me raccrocher. Si ton cœur ne m’appartient plus, tu t’es appropriée le mien sans vergogne. Et non contente de posséder il faut que tu brises. Ah malheureuse ! Et pourtant je te l’offrirais cent fois encore si tu me le demandais. Il n’est pas chose plus soumise que l’âme de l’infortunée victime de tes charmes. Quoi ? Tu me quittes ? Déjà ? Il t’aura donc fallu si peu de temps pour que tu songes à décréter la fin de cette histoire ? Et je devrais me considérer comme innocent de la perte de tes attentions ? Non il ne se peut. Je suis loin d’être un parangon de vertu. Et je ne puis admettre que je n’aie aucune part de responsabilité. Si tel était le cas, les sentiments que tu éprouvais pour moi auraient supplanté ceux qui aujourd’hui sèment la confusion dans ton esprit. Il m’est impossible de me reposer sur des mots qui ne sont lancés que pour apaiser les souffrances causées par d’autres.
Mais à quoi bon te déclarer une flamme qui te causerait à présent plus de torts que de passion ? Je ne puis malgré la douleur m’empêcher de te contraindre à faire un choix que tu ne regretteras pas et sur lequel tu ne reviendras pas. Je me rends compte désormais qu’une telle liaison n’a plus lieu d’être. Semée de doutes et d’inquietude elle n’irait, hélas, pas beaucoup plus loin que la première la première fois. Aussi est-il préférable, je pense, pour préserver notre amitié, de nous en tenir à celle-ci. »
samedi 17 octobre 2009
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