Elle sert la corde autour de Son poignet. Il a mal. «Sert plus fort » supplie-t-Il. Elle s’exécute. Le bandeau noir qu’elle a posé sur ses yeux n’empêche pas son prisonnier d’imaginer le sourire qu’elle a pu faire en entendant Sa demande. Elle aime ce jeu. Lui aussi apparemment.
Les montants en bois de son lit portent les traces de liens de ses précédents amants. Attaché sur le dos, les bras en croix, Il l’écoute se déplacer pour ne pas se laisser surprendre. Elle, féline, se glisse au-dessus de lui. Assise sur son ventre, elle abaisse doucement sa poitrine vers Sa bouche. Elle tient Sa tête dans ses avant-bras et glisse ses doigts dans Ses cheveux, qu’elle empoigne avec violence. Elle courbe le dos et approche ses lèvres de Son cou. Quelques secondes immobile, son souffle chaud faisant frémir Ses minces veines. Elle voit le sang battre contre la peau. Sans rien changer, elle pose délicatement sa main sur l’épaule opposée et insère lentement ses ongles dans Ses muscles. Il ne dit rien. Seule Sa respiration s’accélère. Elle crispe alors sa main et déchire Sa peau jusqu’à Son pectoral. Il échappe un cri de surprise et soulève Son torse massif qui vient se coller à ses seins. C’est ce qu’elle attendait. Elle approche sa bouche de Son cou et mord de toutes ses forces la fine peau qui protège ses artères. Il hurle. Elle sent une vague de chaleur l’envahir, toute entière. Elle aime le goût du sang, elle aime Le voir se contenir pour ne pas hurler encore. Elle se redresse, fière. Après un instant, elle Lui arrache le bandeau et plonge ses yeux dans les Siens. « Encore » gémit-il. Elle pose ses lèvres ensanglantées sur les Siennes et lui fait gouter Son propre sang.
Elle Sursaute. Il l’a mordue. Elle saigne aussi, leurs sangs se mêlent. Elle tremble. Il sourit. Elle ne se contrôle plus. Elle se jette sur Sa bouche et cherche Sa langue avec la sienne. Elle L’aime, et Il le sait. Le contact de Son corps contre le sien la bouleverse. Quelque chose craque, se déchire. Elle pense au drap tendu sous eux lorsque Ses bras l’enserrent et la presse contre Lui. Les liens ont cédé. Elle ne maîtrise plus la situation, elle abandonne la lutte. Il roule sur le coté et elle se retrouve coincé sous Lui. Le sang de Ses blessures coule sur son visage. Elle le lèche et cherche à embrasser des lèvres qui l’esquivent, descendant vers sa poitrine. Sa joue barbue glisse sur son sein et Sa bouche se pose bientôt au sommet de celui-ci. Tandis que Son autre main console son jumeau, elle presse son corps contre Son visage suppliant et craignant à la fois qu’Il ne la morde. Il ne tarde pas et elle hurle. La douleur est aigüe, intense et alors qu’elle reprend sa respiration, Lui glisse sur son ventre puis entre ses jambes. Des ondes de chaleur et des tremblements l’envahissent. La douleur devient plaisir et Sa langue experte l’emporte dans un flot de sensations jusqu’alors inconnues. Elle enserre Sa tête entre ses cuisses et des larmes perlent sur ses joues enflammées. Au bord du gouffre, elle trouve la force de Le rappeler et les fait basculer tous les deux. Lui sur le dos, les mains sur ses hanche, elle au dessus de lui, les mains sur sa poitrine. Elle ne pense plus, elle ne sait plus ce qu’elle fait, seulement qu’elle L’aime. Soudain une douce et intense chaleur s’empare d’elle et la délivre de la prison de ses plaisirs. Elle crie, rejoignant Sa voix, se cambre, libérant son corps. Sensations exquises, infinies, ne semblent plus s’arrêter ; Ils atteignent ensemble le paroxysme du plaisir. D’un mouvement, elle retombe sur Lui et savoure les reliquats de leur amour.
samedi 17 octobre 2009
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